L'Ukraine et le monde parallèle de Trump

L'Ukraine et le monde parallèle de Trump

Feb 20, 2025 - 09:34
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L'Ukraine et le monde parallèle de Trump

Flanqué de drapeaux aux couleurs de l’Ukraine, vêtu d’un chandail noir à la place de son habituel t-shirt kaki, Volodymyr Zelensky a usé mercredi de toute la diplomatie dont il était capable, mais à un moment donné, il faut bien dire les choses comme elles sont : Donald Trump « vit dans un espace de désinformation ».

La veille, Donald Trump avait eu l’incroyable culot de blâmer la victime.

En conférence de presse à Mar-a-Lago, il avait lâché que M. Zelensky « n’aurait jamais dû commencer » la guerre. Oui, on parle bien de l’invasion russe en Ukraine, cette agression brutale et non provoquée, déclenchée il y a trois ans par une seule personne : Vladimir Poutine.

Donald Trump ne s’est pas arrêté là. Selon lui, cet immense gâchis serait la faute du président Zelensky, qui s’accroche au pouvoir alors que seule une poignée d’Ukrainiens continuent de le soutenir…

Tout cela est complètement faux et ressemble à s’y méprendre à la propagande du Kremlin. Tellement que c’est à se demander si la clinquante résidence floridienne de Donald Trump n’est pas directement branchée sur Sputnik News.

Volodymyr Zelensky a raison : Donald Trump est enfermé dans une bulle de désinformation. Reste que le président ukrainien a beaucoup à perdre en appelant un chat un chat.

Sans surprise, Donald Trump a réagi avec colère à cette rebuffade peut-être un peu trop franche, traitant M. Zelensky de « dictateur sans élections » et lui conseillant « d’agir vite, sans quoi il n’aura plus de pays ».

Entre les deux hommes, le fossé s’élargit à vue d’œil.

C’est Vladimir Poutine qui doit se frotter les mains.

Après le Canada, menacé d’asphyxie économique, voire d’annexion aux États-Unis, c’est au tour de l’Europe d’être projetée dans l’inquiétant monde parallèle de l’administration Trump. Le choc est survenu à la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi, quand le vice-président J.D. Vance a cru bon faire une leçon de démocratie à un parterre de dirigeants européens totalement abasourdis.

La vraie menace à la démocratie ne provient pas de la Russie ou de la Chine, mais de l’Europe elle-même, a sérieusement déclaré J.D. Vance. Elle provient de vos propres gouvernements, qui étouffent la liberté d’expression sous prétexte de lutter contre la désinformation, les a-t-il sermonnés.

Tout cela est complètement faux et ressemble à s’y méprendre à la propagande du Kremlin. Tellement que c’est à se demander si la clinquante résidence floridienne de Donald Trump n’est pas directement branchée sur Sputnik News.

Volodymyr Zelensky a raison : Donald Trump est enfermé dans une bulle de désinformation. Reste que le président ukrainien a beaucoup à perdre en appelant un chat un chat.

Sans surprise, Donald Trump a réagi avec colère à cette rebuffade peut-être un peu trop franche, traitant M. Zelensky de « dictateur sans élections » et lui conseillant « d’agir vite, sans quoi il n’aura plus de pays ».

Entre les deux hommes, le fossé s’élargit à vue d’œil.

C’est Vladimir Poutine qui doit se frotter les mains.

Après le Canada, menacé d’asphyxie économique, voire d’annexion aux États-Unis, c’est au tour de l’Europe d’être projetée dans l’inquiétant monde parallèle de l’administration Trump. Le choc est survenu à la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi, quand le vice-président J.D. Vance a cru bon faire une leçon de démocratie à un parterre de dirigeants européens totalement abasourdis.

La vraie menace à la démocratie ne provient pas de la Russie ou de la Chine, mais de l’Europe elle-même, a sérieusement déclaré J.D. Vance. Elle provient de vos propres gouvernements, qui étouffent la liberté d’expression sous prétexte de lutter contre la désinformation, les a-t-il sermonnés.

Le vice-président tentait ainsi de minimiser la chose, comme s’il ne s’agissait que d’une banale anecdote, mais ce genre de campagnes de propagande, bien financées et destinées à influencer le résultat d’élections démocratiques, constituent un vrai danger – et pas seulement en Europe. Partout dans le monde. Le Québec et le Canada ne sont pas épargnés.

Quoi qu’en dise M. Vance, les ravages de la désinformation en ligne sont bel et bien réels. Sur les réseaux sociaux, des algorithmes obscurs forment l’opinion publique et déforment les débats. Un Far West que l’Union européenne cherche à réguler, notamment avec sa nouvelle législation sur les services numériques.

Et qui résiste à ces efforts de régulation ? Les oligarques américains de la techno. Elon Musk, Mark Zuckerberg et les autres.

Dans ce contexte, est-ce vraiment un hasard si Elon Musk relaie la propagande de Moscou sur X et soutient l’extrême droite en Allemagne et ailleurs ? Pas selon le vice-chancelier de l’Allemagne, Robert Habeck. Le milliardaire « renforce délibérément ceux qui affaiblissent l’Europe », estimait-il en janvier. Dans le monde de Musk, ajoutait-il, « une Europe faible est dans l’intérêt de ceux pour qui la réglementation constitue une limitation inappropriée de leur pouvoir ».

Si l’on en croit le vice-chancelier de l’Allemagne, les soutiens d’Elon Musk à l’extrême droite européenne ne relèveraient donc pas de l’idéologie, mais de la pure cupidité. Cela dit, peu importent ses motivations profondes, le résultat est le même : division et chaos.

Le vice-président tentait ainsi de minimiser la chose, comme s’il ne s’agissait que d’une banale anecdote, mais ce genre de campagnes de propagande, bien financées et destinées à influencer le résultat d’élections démocratiques, constituent un vrai danger – et pas seulement en Europe. Partout dans le monde. Le Québec et le Canada ne sont pas épargnés.

Quoi qu’en dise M. Vance, les ravages de la désinformation en ligne sont bel et bien réels. Sur les réseaux sociaux, des algorithmes obscurs forment l’opinion publique et déforment les débats. Un Far West que l’Union européenne cherche à réguler, notamment avec sa nouvelle législation sur les services numériques.

Et qui résiste à ces efforts de régulation ? Les oligarques américains de la techno. Elon Musk, Mark Zuckerberg et les autres.

Dans ce contexte, est-ce vraiment un hasard si Elon Musk relaie la propagande de Moscou sur X et soutient l’extrême droite en Allemagne et ailleurs ? Pas selon le vice-chancelier de l’Allemagne, Robert Habeck. Le milliardaire « renforce délibérément ceux qui affaiblissent l’Europe », estimait-il en janvier. Dans le monde de Musk, ajoutait-il, « une Europe faible est dans l’intérêt de ceux pour qui la réglementation constitue une limitation inappropriée de leur pouvoir ».

Si l’on en croit le vice-chancelier de l’Allemagne, les soutiens d’Elon Musk à l’extrême droite européenne ne relèveraient donc pas de l’idéologie, mais de la pure cupidité. Cela dit, peu importent ses motivations profondes, le résultat est le même : division et chaos.

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