L’ONU inscrit trois nouveaux groupes armés sur sa liste pour violations graves contre les enfants

L’ONU inscrit trois nouveaux groupes armés sur sa liste pour violations graves contre les enfants

Jul 14, 2026 - 14:23
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L’ONU inscrit trois nouveaux groupes armés sur sa liste pour violations graves contre les enfants

Dans une déclaration conjointe publiée le lundi 13 juillet 2026, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont salué l’inscription de trois nouveaux groupes armés haïtiens dans les annexes du Rapport annuel 2025 du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, pour violations graves commises contre des enfants.


Les groupes armés « Gran Grif, Kraze Baryè et 400 Mawozo » figurent désormais sur la liste des Nations Unies des parties responsables de violations graves des droits des enfants.
Selon le rapport cité par le BINUH et l’UNICEF, 2 088 violations graves ont été recensées en 2025, touchant 1 661 enfants. Parmi elles figurent le recrutement et l’utilisation de 892 enfants, des meurtres et mutilations, des violences sexuelles, des enlèvements, des attaques contre des écoles et des hôpitaux, ainsi que le refus d’accès à l’aide humanitaire.


« L’inscription des parties responsables de violations graves constitue un mécanisme essentiel de responsabilisation établi par le Conseil de sécurité. Elle offre également la possibilité d’élaborer des plans d’action pour mettre fin aux violations commises contre les enfants, les prévenir et soutenir leur libération des groupes armés », souligne l’ONU.


Le BINUH et l’UNICEF exhortent les groupes armés inscrits sur cette liste à mettre 
immédiatement fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, ainsi qu’à toutes les autres violations graves commises à leur encontre. Ils les invitent également à coopérer en vue de la libération pacifique des enfants associés à ces groupes.


Les deux agences saluent par ailleurs les efforts du gouvernement haïtien visant à renforcer les mécanismes nationaux de protection de l’enfance. Elles insistent notamment sur l’importance du maintien du leadership de la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réintégration (CNDDR) dans la mise en œuvre des actions de protection des enfants.


« Les enfants associés aux groupes armés doivent être considérés avant tout comme des victimes et être orientés sans délai vers les services de protection de l’enfance », rappelle l’ONU.

Le rapport met également en avant le programme PREJEUNES, lancé en 2025 en coordination avec les autorités haïtiennes, à la suite de l’adoption du Protocole de transfert en 2024.

Ce programme vise à offrir aux enfants libérés des groupes armés des services spécialisés, notamment un accompagnement psychosocial, un accès à l’éducation, la recherche et le regroupement familial lorsque cela est possible, ainsi qu’un soutien à leur réintégration au sein de leurs communautés. En 2025, 573 enfants ont bénéficié de ces services.

À travers ces initiatives, l’ONU mise sur la responsabilisation des auteurs de violations, le renforcement du leadership national ainsi que des investissements durables dans la prévention et la réintégration afin de mettre fin aux violences et d’offrir aux enfants et aux jeunes la possibilité de reconstruire leur avenir et de contribuer à la stabilisation d’Haïti.


Le BINUH et l’UNICEF réaffirment leur engagement à accompagner le gouvernement haïtien et ses partenaires dans la prévention des violations graves des droits de l’enfant, la libération et la réintégration en toute sécurité des enfants associés aux groupes armés, afin que chaque enfant puisse grandir à l’abri de la violence.


En juin 2025, la coalition criminelle « Viv Ansanm » avait déjà été inscrite sur la « liste de la honte » du Secrétaire général de l’ONU pour le recrutement et l’utilisation d’enfants, les meurtres et atteintes à leur intégrité physique, les viols et autres formes de violences sexuelles, ainsi que les attaques contre des écoles et des hôpitaux.


Selon le rapport du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, cité par La Presse, 2 269 violations graves ont été commises contre 1 373 enfants en Haïti en 2024. Parmi elles figurent 213 enfants tués, 138 blessés, 566 victimes de violences sexuelles, dont 406 viols et 160 viols collectifs, ainsi que 302 enfants recrutés par des groupes armés. Des dizaines d’attaques contre des écoles et des hôpitaux ont également été documentées.


Le rapport souligne que ces violations représentent une augmentation de 490 % par rapport à 2023, plaçant Haïti parmi les cinq pays enregistrant le plus grand nombre de violations graves commises contre des enfants.


L’inscription de « Viv Ansanm » sur cette liste était intervenue après sa désignation par les États-Unis comme «  organisation terroriste étrangère et mondiale» .

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