Urgence au Sommet de l'État : À peine rentré de Rome, le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé convoque un Conseil des ministres extraordinaire sur la sécurité
Urgence au Sommet de l'État : À peine rentré de Rome, le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé convoque un Conseil des ministres extraordinaire sur la sécurité
Port-au-Prince – Le temps de la diplomatie spirituelle au Vatican cède la place à la réalité brutale du terrain. Quelques heures seulement après avoir foulé le tarmac de l'aéroport international de Port-au-Prince, de retour d'une mission de haut niveau à Rome, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n'a pas pris une minute de repos. Signe de l'extrême gravité de la situation sécuritaire, le chef du gouvernement de transition a immédiatement convoqué un Conseil des ministres extraordinaire. L'ordre du jour est unique, vital et sans concession : la reconquête des territoires perdus et la protection des vies et des biens.
Cette réunion d'urgence, qui s'est tenue dans un climat de tension palpable, intervient alors que plusieurs quartiers de la capitale continuent de subir les assauts répétés des coalitions criminelles, plongeant la population dans une détresse humanitaire et psychologique sans précédent.
La fin du sursis diplomatique
Le voyage à Rome, bien que symboliquement fort et nécessaire pour mobiliser la diplomatie morale mondiale, n'a pas fait baisser l'intensité des tirs à Port-au-Prince. Alix Didier Fils-Aimé le sait : le crédit de son gouvernement repose quasi exclusivement sur sa capacité à restaurer un semblant d'ordre public. En enchaînant directement avec ce Conseil des ministres spécial, le Premier ministre cherche à projeter l'image d'un leadership actif, réactif et conscient que chaque heure d'hésitation se traduit par des vies fauchées.
Les discussions au cours de ce conseil extraordinaire ont porté sur une réévaluation immédiate du plan de sécurité nationale. Le gouvernement semble vouloir passer à une phase offensive plus coordonnée entre la Police Nationale d'Haïti (PNH) et les forces internationales présentes sur le sol national.
Vers un renforcement des mesures d'exception ?
Selon les premières indiscrétions émanant des cercles du pouvoir, ce Conseil des ministres a exploré plusieurs pistes d'action immédiates. Il s'agirait d'intensifier les opérations de bouclage des zones rouges, de renforcer la logistique des unités d'élite de la police et d'améliorer le renseignement criminel pour anticiper les mouvements des gangs. La question du financement urgent des forces de l'ordre, nerf de cette guerre asymétrique, a également été au cœur des débats.
Le gouvernement de transition est sous une pression croissante. Les promesses de "changement de paradigme" sécuritaire tardent à produire des effets tangibles pour le citoyen moyen. Ce conseil extraordinaire se veut être le point de départ d'une nouvelle série d'interventions musclées visant à desserrer l'étau autour de la région métropolitaine.
Le défi de l'unité au sein de l'exécutif
Au-delà de la stratégie purement militaire, ce conseil extraordinaire a aussi pour but de resserrer les rangs au sein de l'exécutif de transition. Pour réussir la mission sécuritaire, la coordination entre le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le cabinet ministériel doit être sans faille.
Le retour de Rome d'Alix Didier Fils-Aimé, fort du soutien moral du Saint-Siège, pourrait lui donner le capital politique nécessaire pour imposer des décisions difficiles et trancher dans le vif. Mais en Haïti, la vérité ne se trouve pas dans les comptes-rendus de conseils des ministres ; elle se lit chaque matin sur les visages d'une population qui attend désespérément de pouvoir sortir de chez elle sans la peur au ventre. Le Conseil des ministres extraordinaire vient de se terminer, mais pour le peuple haïtien, l'attente de résultats concrets, elle, continue.
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